Le Coin Lecture

 Premier artiste à avoir fait confiance à la jeune maison d’édition Dunes Editions, Elliott Verdier a donné naissance à un véritable livre d’art. En effets, des photographies couleurs donnent place à des photographies noir et blanc irisées d’argent, entrecoupées par des textes sur un papier semi-transparent. La beauté de l’objet tranche ainsi terriblement avec la violence et la tragédie du sujet traité dans cet ouvrage. 

Reaching for Dawn est un reportage traitant de l’après-guerre civile qui a ensanglanté le Libéria de 1989 à 2003. Bien que le Libéria ait été le premier pays du continent africain à avoir obtenu son indépendance des Etats-Unis en 1847, il est aujourd’hui empli de traumatismes et de non-dits qui empêchent les habitants de faire le deuil des atrocités de la guerre.

Reaching for Dawn – “Atteindre l’aube” en français, est un témoignage de la détresse du peuple Libérien pour briser le silence qui l’entoure depuis la guerre-civile. C’est un témoignage de sa demande à la Cour Internationale Pénale d’intervenir pour rétablir la justice et enfin, la paix.

L’aube tarde à venir car le silence et l’impunité, ces venins d’une même morsure, empoisonnent le présent et perpétuent le traumatisme”, déclare Gaël Faye, auteur-compositeur-interprète en avant-propos de Reaching for Dawn. Et c’est ce silence qu’Elliott Verdier a entrepris de représenter dans son œuvre.

Reaching for Dawn d’Elliott Verdier, Dunes Editions
Pour plus d’informations :
https://fr.dunes-editions.com/product-page/r-e-a-c-h-i-n-g-f-o-r-d-a-w-n 
https://www.fisheyemagazine.fr/rdv/cest-dans-le-mag/terre-promise-et-compromise/ 

 Rédaction : Justine Le Floch

 Peter Helles Eriksen, Sara Galbiati et Tobias Selnaes Markussen ont mené une enquête photographique qui questionne un phénomène contesté, parfois dénoncé comme une “histoire commercialement rentable”, une “illusion” ou encore un  “mythe religieux” : le phénomène des OVNIs.     

Phenomena est le fruit de cette investigation qui s’est déroulée dans les États américains de l’Arizona, du Nevada et du Nouveau-Mexique, hauts-lieux d’observations d’OVNIs, là où le plus grand nombre de témoignages visuels de tels phénomènes ont été rapportés. 

Ainsi, en prenant un point de vue anthropologique qui se veut neutre, les trois photographes sont partis  à la rencontre de témoins ou de vestiges corroborant l’existence du non-expliqué, de l’extra-terrestre, tout en interrogeant le besoin de l’homme d’interpréter l’absence de sens.  

Des images de ces lieux, remplis de détails rappelant l’existence potentielle d’une vie extraterrestre, alternent avec des portraits de témoins qui racontent ce qu’ils ont vu, entrecoupés par des paysages lunaires ou encore d’indices qui pourraient confirmer cette présence extraordinaire. 

Phenomena, de Peter Helles Eriksen, Sara Galbiati et Tobias Selnaes Markussen aux éditions André Frère.
Pour plus d’informations : https://www.andrefrereditions.com/livres/photographie/phenomena/ 

 Rédaction : Justine Le Floch

 

(c)GRAPh-CMi

 In God We Trust est un reportage photographique produit par Cyril Abad présentant différentes « excentricités » de la foi aux États-Unis.  

Issu dune famille catholique non pratiquante et intrigué par la question religieuse, Cyril Abad a parcouru les Etats Unis afin de photographier et de nous présenter, à travers une série de 7 reportages photographiques, les modes de pratique de la foi les plus uniques du pays.

Nous découvrons ces différentes pratiques religieuses, allant de la mobilité des croyants (« Drive-in Church »), du prêcheur (« Cross Bike ») ou de l’église elle-même (« Tiny Mobile Church »). Des images plus surprenantes les unes que les autres nous guident jusqu’à la « Naked Church », où des naturistes se retrouvent en communauté pour loffice et pour se recueillir. 

Cyril Abad crée également un parallèle entre le marketing et la religion aux Etats-Unis, en démontrant comment la foi peut être une source de profit. Cela se fait notamment sous la forme de shows à laméricaine, par le biais de parc dattractions à thématique catholique (« Holy Land ») ou de la doctrine créationniste (« Ark Encounter »), jusqu’à encourager les non-croyants à franchir le porche dune église en se rendant à la « Seacoast Church », une église non confessionnelle.  

In God We Trust apparaît donc comme un recueil de reportages surprenants, dans lequel le réalisme des photos jure avec lexcentricité des thématiques abordées, délivrant ainsi un panorama de « l’offre religieuse » aux Etats-Unis, selon la vision personnelle de Cyril Abad.   

In God We Trust de Cyril Abad, co-édité par Pyramid éditions et Revelatoer. 

Pour plus d’informations: https://pyramyd-editions.com/products/offre-de-souscription-in-god-we-trust 

 Rédaction : Justine Le Floch

 

(c)GRAPh-CMi

 Aurore Colbert est une série de l’artiste Marie Mons qui nous entraîne dans l’univers mystique d’un alter ego fictif que l’artiste s’est découvert au cœur d’un village islandais où elle vécu pendant trois mois à l’hiver 2016.

Ce voyage apparaît pour Marie Mons comme un échappatoire à sa vie parisienne, et elle nous raconte comment elle s’est sentie renaître sous l’identité d’Aurore Colbert dès son arrivée dans le village de Seyðisfjörður.

A travers ce récit photographique, Marie Mons se mets en scène, accompagnée par les habitants de ce village comme des “acteurs de ce théâtre d’expérimentation”. Portraits et paysages polaires sont entrecoupés par une réflexion introspective de l’artiste, auxquels s’ajoutent des extraits de correspondances avec les personnes qui ont interagis avec Aurore Colbert. Cette dernière semble fascinée par la lumière, mais également fascinante pour les personnes qui l’auront rencontrée. L’univers d’Aurore Colbert apparaît dans une alternance de paysages diurnes et nocturnes, renvoyant des atmosphères tantôt lumineuses, tantôt angoissantes, mais toujours mystérieuses

Aurore Colbert de Marie Mons aux éditions ARP2.

Pour plus d’informations : https://mariemons.cargo.site/Aurore-Colbert 

 Rédaction : Justine Le Floch

(c)GRAPh-CMi

Dans Pigalle People, la photographe Jane Evelyne Atwood nous raconte la vie des femmes transgenres du quartier Pigalle, qu’elle avait documenté dans les années 1978-1979.

Dans les portraits en noir et blanc de Jane Evelyn Atwood, on découvre des personnages complexes, qui évoluent dans un univers souvent dur, plein de violence, de drogue, mais aussi d’amour, d’amitié et de rire. Elle témoigne dans ce livre de la vie des personnes transgenres qui résidaient et travaillaient dans le quartier Pigalle en 1978-1979, mais aussi de tous les gens qui les connaissaient et les côtoyaient. C’est un Pigalle d’avant que la photographe documente, avant les années 80 et l’épidémie de SIDA dans la communauté queer, avant la violence des skinheads, la pénalisation du travail du sexe sur la voie publique, … qui ont complètement changé l’essence de ce quartier.

La photographe nous livre, trente ans après, presque deux ans de sa vie auprès de ces femmes. Laissées en marge de la société, elles regardent pourtant fièrement la caméra en face et sont montrées pleines de dignité dans le regard de Jane Evelyne Atwood. Le récit qui accompagne les photos est un témoignage fort de leur vie, et pointe du doigt toute la violence physique et psychologique que cette communauté a subi (et subit toujours), et la force que ces personnes ont dû déployer pour s’en sortir.

Ce livre fait partie de la dotation du Ministère de la Culture aux centres d’art contemporains dont le GRAPh-CMi a bénéficié, dans le cadre du plan d’aide d’urgence aux éditeurs.

Pigalle People de Jane Evelyn Atwwod aux éditions Le Bec en l’air.
Pour plus d’informations : https://www.becair.com/produit/pigalle-people-1978-1979/

 Rédaction : Amélie Launay

(c)GRAPh-CMi

Aujourd’hui on vous présente quatre artistes du livre Africa 21ème siècle : Photographie contemporaine africaine. Ce livre rassemble le travail de 51 photographes contemporain.es qui abordent les identités complexes et multiples des populations du continent africain en quatre thématiques, accompagné des textes d’Ekow Eshun.

On découvre dans la première thématique Villes hybrides le travail de Kader Attia, photographe franco-algérien. Il nous montre une plage d’Alger recouverte de « Rochers carrés », énormes blocs de bétons où les jeunes se retrouvent et restent des heures à observer le passage des bateaux sur la mer Méditerranée. Attia a voulu retranscrire dans ses images cette idée de frontière et ce besoin d’ailleurs, de vie meilleure que ressentent ces jeunes assis sur les blocs. On peut y voir aussi un parallèle avec les blocs de bétons que sont les cités en France, et où les jeunes français issus de l’immigration ont souvent les mêmes envies d’ailleurs que ces jeunes algériens posés sur les “rochers”. 

Dans Zones de liberté, la photographe nigérienne Yagazie Emezi nous parle d’une autre réalité : celle de la fétichisation du corps noir à travers l’histoire et qui est toujours présente aujourd’hui. Avec sa série Consommation du modèle noir, elle met en scène des personnes noires avec des fruits et légumes, à la manière des natures mortes. Elle dénonce ainsi le regard occidental et fétichisant que subissent les personnes africaines et afro-descendantes sur leur corps et questionne la théâtralisation des corps par les photographes, qui nourrit d’autant plus les clichés occidentaux.

Mythes et mémoires, la troisième thématique de ce livre, aborde notamment la spiritualité et la place que tient le continent dans le récit historique mondial. Shiraz Bayjoo, originaire de l’Ile Maurice, a travaillé sur ce dernier point grâce à un album de famille qu’il a retrouvé, appartenant à un riche propriétaire du XIXème. Sa série En famille porte un regard sur les personnes les moins considérées de l’époque : les domestiques. Autrefois rayé.es de l’Histoire, l’artiste a cherché à réparer cette violence en leur redonnant une place en tant qu’individu à part entière et un récit.

Pour la dernière thématique, Paysages intérieurs, c’est le projet Les Marocains de Leïla Alaoui, artiste franco-marocaine que j’ai choisi de vous présenter. En déplaçant son studio mobile de marché en marché au Maroc, Alaoui gagne la confiance des locaux et réussit à prendre le portrait de  la diversité culturelle du pays et ses différents us et coutumes qui s’entrechoquent. Elle utilise de la lumière artificielle et des fonds noirs, ce qui permet de concentrer son regard sur les vêtements et attitudes de ses sujets : l’univers de la photographie de mode croise celui de la photographie documentaire, dans un style unique qui fait honneur à cette richesse culturelle.

Cet ouvrage nous permet de survoler la richesse des images produites sur ce continent, et comme on ne peut définitivement pas se limiter à quatre artistes, retrouvez-nous le mercredi 9 juin à 11h30 sur RCF Pays d’Aude pour en découvrir quatre de plus…

Africa 21ème siècle : Photographie contemporaine africaine aux éditions Textuel.
Pour plus d’informations : https://www.editionstextuel.com/livre/africa_21e_siecle

 Rédaction : Amélie Launay

(c)GRAPh-CMi

Les Failles Ordinaires de Géraldine Lay, une balade poétique qui suspend le temps le long d’un livre.

C’est le réel que l’on contemple dans Failles ordinaires, « le drame immobile de la vie ordinaire » comme le souligne Jacques Damez dans le texte qui accompagne cette balade photographique. C’est un univers apaisant, composé avec des couleurs sourdes et une ambiance tamisée, et de la douceur dans les tons et le cadrage des photographies.

La succession de sujets photographiques et de lieux que rien ne relie est déroutante parfois : Géraldine Lay nous offre dans ce livre un puzzle « sans prédécoupage », une balade sans but précis à travers différents pays d’Europe, mélangeant des portraits d’inconnus en pleine rue entrecoupés de paysages urbains enfouis sous la neige. Et l’immobilité du quotidien, les passant.es perdu.es dans leur bulle personnelle nous emmène à notre tour dans une faille temporelle le temps d’une lecture.

Failles ordinaires de Géraldine Lay aux éditions Actes Sud.
Pour plus d’informations : https://www.actes-sud.fr/node/41193

 Rédaction : Amélie Launay

(c)GRAPh-CMi

Cette semaine dans Le Coin Lecture du GRAPh, nous vous emmenons en voyage avec le photographe Stephan Gladieu, pour découvrir une société dont on a peu d’images : la Corée du Nord.

Le livre Corée du Nord de Stephan Gladieu est issu d’un projet inédit : celui de photographier les habitants d’un pays mystérieux, qui est très peu représenté en photographie. Pour réaliser cet objectif, il choisit de faire le portrait des Nord-coréens et nord-coréennes dans leur environnement quotidien ; un choix audacieux dans une société basée sur l’esprit collectif et où l’expression individuelle n’est pas encouragée, voire réprimée.

On est d’abord étonné de découvrir des scènes de vie quotidiennes légères et colorées, comme une famille au zoo, des amies profitant du parc aquatique, des militaires à la patinoire… Mais la maîtrise parfaite de l’image nous apparaît rapidement évidente : un cadrage équilibré, des corps positionnés en symétrie et des tenues vestimentaires toujours rigoureusement impeccables. Grâce à son petit studio de rue équipé d’un flash, Stephan Gladieu nous offre dans Corée du Nord une mise en scène semblable aux images de propagandes – qu’on aperçoit parfois à l’arrière-plan de certaines photographies – tout en s’éloignant des clichés que le reste du monde se fait de la vie au cœur de ce pays.

Ce livre fait partie de la dotation du Ministère de la Culture aux centres d’art contemporains dont le GRAPh-CMi a bénéficié, dans le cadre du plan d’aide d’urgence aux éditeurs.

Corée du Nord de Stephan Gladieu aux éditions Actes Sud.
Pour plus d’informations : https://www.actes-sud.fr/catalogue/coree-du-nord

 Rédaction : Amélie Launay

(c)GRAPh-CMi

« Escales & Scale », le livre photographique de Mathieu Oui qui nous fait rêver de soleil et d’Italie avec un fil rouge peu commun : l’escalier.

Pour ses 50 ans, Mathieu Oui s’offre un beau cadeau : le tour du littoral italien en train pendant 6 semaines. Partout où il fait escale, il choisit de porter son regard sur un sujet en particulier, l’escalier, ou scale en italien. Ce lieu, pourtant fixe et ancré dans le paysage depuis des centaines d’années, représente pour lui un lieu de passage, de transition, de voyage aussi.

Au travers de photographies argentiques en noir et blanc, ce remake contemporain du Grand Tour – autrefois réalisé par les jeunes et riches artistes européens de la Renaissance – est l’occasion de découvrir (ou de redécouvrir) les beaux paysages d’Italie, son histoire et sa culture. Mathieu Oui nous régale de cette collection de souvenirs ensoleillés en jouant avec les formes et les architectures diverses de l’escalier, et au fil de ses mots, nous racontent son périple de Trieste à Turin. 

Commande directe auprès de l’auteur : 06 26 07 78 90 – mathieu.oui@gmail.com
Pour plus d’informations : http://www.mathieuoui.com/escales-scale-le-livre/

 Rédaction : Amélie Launay